La vie de l'impetueux Capitaine Flirt. En vrai.

Un jour, on nait. Et puis un jour, on a compris qu'on s'etait plante dans le point de depart. Et alors on nait encore une fois. Mais la, c'est mieux.

Just a perfect day.

Avant de la rencontrer, les semaines précédentes avaient été ennuyeuses. Le boulot qui ne décolle pas, le temps qui avait décidé de figer le monde dans la glace. La solitude qui paraît toujours plus présente dans les moments difficiles. Et puis un jour, un site de rencontre, une fille plutôt mignonne abordée au hasard d’un profil, des discussions par texto et la découverte d’une personne qui va arriver dans sa ville sous peu mais qui galère pour trouver une location.

Ça tombe bien, c’est un peu mon boulot se dit-il. Il avait besoin de se relancer, de retrouver un second souffle. Il fallait qu’il se saisisse de cette occasion. Et puis la fille était mignonne après tout. S’il pouvait encaisser le chèque et l’héroïne de l’épisode, l’opération serait parfaite.

Pendant trois jours, il s’était mis au travail de manière professionnelle, visitant çà et là une dizaine d’appartement tout en dénichant celui qui serait idéal pour sa nouvelle cliente. Il n’avait pas vu le temps passer. Finies les journées passées à déprimer devant son ordinateur, il était à nouveau actif. Et puis au moins une à deux fois par jour, il parlait longuement au téléphone avec elle et son accent du sud. Pour quelqu’un qui n’était pas un grand fanatique des conversations téléphoniques, il faut croire qu’il y avait pris goût.

Le dimanche soir il l’avait accueillie, accompagnée de son garde du corps désigné pour veiller sur ce petit bout de femme perdue en terre inconnue. Il l’avait trouvé correspondant parfaitement à l’image qu’il s’en était fait : une fille chic, bien habillée, propre sur elle, enjouée mais pas trop fêtarde, abordable mais dure en affaire. Il était certain qu’elle se plairait donc dans la capitale des Gaules, cette cité toujours dans la mesure, cette classe toujours dans la moyenne. Triste sans être dépressive, heureuse sans être exubérante. La ville des gens équilibrés.

La journée de lundi fut longue. Les visites s’enchaînèrent durant plusieurs heures dans un vent glacial du nord qui vint rappeler aux deux sudistes de passage que si Lyon est la porte du sud, elle n’en marque que la frontière. Toujours cette volonté d’être au milieu de tout. Ils devraient donc attendre mercredi que la réponse du propriétaire pour cet appartement idéal tant espéré soit positive.Il l’avait d’ailleurs bien choisi, à seulement dix minutes à pied de chez lui.

Mais c’était lundi soir, elle devait repartir avec son chauffeur. Ils se dirent au revoir dans une ruelle mal éclairée. Elle le serra dans ses bras bras menus pour le remercier de tout ce qu’il fit pour elle. Et puis ils partirent, non sans qu’elle mette un peu de temps avant de détourner sa tête de lui.

Sa cliente venait de retourner chez elle, une partie de lui avec. Pourvu que la réponse soit un oui. Quelque soit la question.